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Coquerelles à Québec : le guide complet pour les prévenir (et réagir vite)

8 minutes de lecture

Mis à jour le 27 août 2026

Pourquoi le parc immobilier de Québec favorise les blattes germaniques, comment reconnaître une infestation avant d’en voir une, et les gestes qui changent réellement quelque chose.

Pourquoi les coquerelles sont un problème récurrent à Québec

Le parc immobilier de la région de Québec joue contre nous. Les triplex et quadruplex centenaires de Limoilou, du quartier Saint-Roch, de Saint-Sauveur et de Saint-Jean-Baptiste ont des murs mitoyens, des vides sanitaires, des colonnes de plomberie partagées et des planchers de bois franc avec des interstices. Autant d’autoroutes pour les coquerelles, qui circulent d’un logement à l’autre sans jamais sortir dehors.

À ça s’ajoutent deux facteurs typiquement québécois :

  • Le chauffage d’hiver. Une coquerelle germanique ne survit pas à nos janvier à l’extérieur. Mais un immeuble chauffé à 21 °C pendant six mois, c’est un climat tropical permanent. L’hiver ne règle rien : il concentre le problème à l’intérieur.

  • Le 1er juillet. La grande valse des déménagements déplace chaque année des dizaines de milliers de boîtes, de meubles usagés et d’électroménagers entre les logements. C’est le principal vecteur de propagation dans la région.

Ce n’est pas une question de propreté

La coquerelle n’est pas un signe de malpropreté. C’est un problème de structure, de nourriture accessible et de transport d’objets. Et ça, ça se contrôle.

Savoir à quoi on a affaire

Quatre espèces se retrouvent au Québec, mais une seule cause la vaste majorité des appels.

La blatte germanique

Blattella germanica

90 % des cas
12 à 16 mm · figures à la même échelle
  • 12 à 16 mm, brun pâle, deux bandes foncées parallèles derrière la tête
  • Vit presque exclusivement à l’intérieur, dans les cuisines et les salles de bain
  • Une seule femelle peut générer plusieurs centaines de descendants par année
  • C’est l’espèce qui se propage entre logements et qui exige une intervention professionnelle
La blatte orientale

Blatta orientalis

20 à 27 mm · figures à la même échelle
  • 20 à 27 mm, brun très foncé à noir luisant
  • Aime le frais et l’humidité : sous-sols, vides sanitaires, drains, garages
  • Souvent associée à un problème d’humidité ou de drain
La blatte américaine

Periplaneta americana

30 à 40 mm · figures à la même échelle
  • 30 à 40 mm, la plus grosse, brun rougeâtre
  • Plutôt rare en résidentiel à Québec ; on la voit surtout dans les restaurants, les hôpitaux, les grandes chaufferies et les réseaux d’égouts
La blatte rayée

Supella longipalpa

10 à 14 mm · figures à la même échelle
  • Petite, avec des bandes pâles en travers du corps
  • Se disperse plus loin de la cuisine : chambres, salons, derrière les cadres et les meubles

Les signes d’une infestation (avant de voir la première coquerelle)

Les coquerelles sont nocturnes et cachottières. Quand on en voit une en plein jour, c’est généralement que la population est déjà bien installée. Voici ce qu’il faut chercher avant ça :

  • Des excréments qui ressemblent à du poivre moulu ou à de petits grains de café, dans le fond des armoires, le long des plinthes, derrière le frigo et dans les charnières de portes d’armoires.

  • Des traînées ou taches brunâtres dans les coins et sur les surfaces verticales.

  • Des oothèques : petites capsules brunes en forme de bourse, de 6 à 8 mm, qui contiennent les œufs. Souvent collées sous les tablettes ou derrière les appareils.

  • Des mues : enveloppes translucides laissées par les jeunes en croissance.

  • Une odeur grasse, sucrée et rance qui s’installe quand la population devient importante.

Où regarder en priorité

Derrière et sous le frigo (surtout le moteur et le bac d’évaporation), sous le lave-vaisselle, dans les charnières et les coins des armoires, derrière la plaque du four, sous l’évier autour de la plomberie, derrière les plinthes chauffantes, dans le tableau électrique de la cuisine et sous la cuvette de toilette.

Les 8 gestes de prévention qui font vraiment une différence

1
Couper l’accès à la nourriture

Contenants hermétiques en verre ou en plastique rigide pour les céréales, la farine, le sucre, les pâtes, la nourriture du chat et du chien. Une boîte de carton ou un sac de plastique, ça se perce en quelques minutes.

2
Nettoyer les zones grasses, pas juste les surfaces visibles

Le dessus des armoires, le dessous du rond du poêle, la grille du ventilateur de hotte, le joint de la porte du frigo. Une pellicule de gras accumulée nourrit une colonie pendant des mois.

3
Ne pas laisser la vaisselle sale toute la nuit

Un évier plein la nuit, c’est un buffet. Si vous ne pouvez pas laver, remplissez d’eau savonneuse.

4
Gérer l’humidité

Les coquerelles ont besoin d’eau plus que de nourriture. Réparez les robinets qui coulent, essuyez le fond de l’évier avant de vous coucher, videz le plat sous les plantes, ventilez la salle de bain après la douche. Dans un sous-sol de Limoilou ou de Saint-Sauveur, un déshumidificateur réglé sous 50 % d’humidité relative fait une vraie différence.

5
Sortir les déchets et le recyclage souvent

Bac fermé, sortie quotidienne des restes de table l’été. Et rincez les contenants de recyclage : un pot de sauce mal rincé dans le bac bleu, c’est une source de nourriture pendant deux semaines.

6
Calfeutrer et sceller

C’est l’étape que la plupart des gens sautent, et c’est la plus payante à long terme :

  • Scellant au silicone autour des tuyaux qui traversent les murs sous l’évier et derrière la toilette
  • Manchons d’étanchéité (escutcheons) sur les colonnes de plomberie
  • Calfeutrage des fissures dans les plinthes, les moulures et le comptoir
  • Laine d’acier ou mousse expansive dans les ouvertures plus larges des murs mitoyens
  • Coupe-bise sous la porte d’entrée et la porte de sous-sol
7
Inspecter tout ce qui entre dans le logement

C’est la règle la plus importante à Québec.

  • Meubles usagés (Marketplace, ventes-débarras, trottoirs du 1er juillet) : inspectez les fentes, les tiroirs, le dessous, l’arrière des tables de chevet et les rainures des sommiers. Les électroménagers usagés sont particulièrement à risque — vérifiez le compartiment moteur.
  • Boîtes de carton d’épicerie : les caisses de carton ondulé sont un habitat de choix. Défaites-les et sortez-les rapidement.
  • Sacs d’épicerie et bagages : après un voyage ou un séjour dans un immeuble infesté, videz et inspectez à l’entrée.
8
En immeuble à logements : parler aux voisins et au propriétaire

Une infestation de blatte germanique dans un triplex n’est presque jamais confinée à un seul logement. Traiter un logement isolé pendant que le voisin ne fait rien, c’est jeter de l’argent par les fenêtres. Le traitement doit couvrir les logements adjacents, au-dessus et en dessous.

Ce qu’il ne faut pas faire

Les bombes fumigènes et aérosols « foggers »

C’est l’erreur la plus coûteuse. Le brouillard ne pénètre pas dans les cavités où vivent les coquerelles ; il les fait fuir dans les murs et vers les logements voisins. Une infestation localisée devient une infestation d’immeuble. Les produits repoussants en vente libre ont le même effet dispersif.

Les remèdes maison à répétition

Le bicarbonate de soude, les feuilles de laurier, les concombres, les huiles essentielles : ça n’a aucun effet démontré sur une population établie. Vous perdez des semaines pendant que la colonie double.

Mélanger les produits

Appliquer un insecticide repoussant à côté d’appâts en gel neutralise les appâts — les coquerelles évitent la zone au lieu de consommer le produit. C’est une des principales causes d’échec de traitement.

Ignorer les premiers individus

Deux coquerelles en octobre, c’est une centaine en février. Le coût et la durée du traitement montent de façon exponentielle avec la taille de la population.

Vérifiez la certification

Au Québec, l’application de pesticides en milieu résidentiel par un tiers exige un certificat délivré par le ministère de l’Environnement (MELCCFP) ainsi qu’un permis d’entreprise. Méfiez-vous de quiconque offre un traitement sans pouvoir présenter ces documents.

Qui paie ? Propriétaire ou locataire

Au Québec, le propriétaire a l’obligation de livrer et de maintenir un logement en bon état d’habitabilité. La présence de coquerelles rend un logement impropre, et l’extermination est donc à sa charge — même si les coquerelles ont été introduites accidentellement. Le propriétaire doit agir avec diligence dès qu’il est informé.

Le locataire, de son côté, a l’obligation de :

  • Aviser le propriétaire par écrit dès les premiers signes (gardez une copie et une preuve d’envoi)

  • Donner accès au logement pour l’inspection et le traitement

  • Préparer le logement selon les consignes de l’exterminateur

  • Ne pas nuire au traitement (par exemple, en appliquant ses propres produits en parallèle)

Si le propriétaire refuse d’agir, le locataire peut s’adresser au Tribunal administratif du logement (TAL). La Ville de Québec peut aussi intervenir via son service d’inspection en salubrité pour les cas de logements insalubres.

Notre conseil aux propriétaires d’immeubles

Documentez tout. Date du signalement, date de l’inspection, rapport de traitement, avis de 24 heures transmis aux locataires pour l’accès. C’est votre meilleure protection en cas de litige.

Se préparer avant un traitement professionnel

Un traitement bien préparé, c’est un traitement qui réussit du premier coup. On vous remettra une liste détaillée, mais voici l’essentiel :

  • Vider les armoires et les tiroirs de cuisine et de salle de bain ; regrouper le contenu au centre de la pièce, recouvert

  • Éloigner les meubles des murs d’environ 30 cm

  • Nettoyer les surfaces grasses (mais ne pas laver les plinthes et les fissures le jour même du traitement)

  • Ranger la nourriture, la vaisselle et les articles pour bébé dans des contenants scellés

  • Couvrir les aquariums et fermer la pompe ; prévoir le retrait des animaux domestiques

  • Prévoir un accès dégagé sous l’évier, derrière le frigo et la cuisinière

  • Ne pas laver les surfaces traitées pendant la période indiquée après l’intervention

Deux ou trois visites, pas une

Un traitement contre la blatte germanique demande généralement 2 à 3 visites espacées de 2 à 3 semaines. C’est normal : le premier passage n’atteint pas les œufs, qui sont protégés dans les oothèques. Sauter la visite de suivi est la première cause de récidive.

Quand appeler un exterminateur

Appelez dès que vous constatez :

  • Une seule coquerelle vivante identifiée comme blatte germanique

  • Des excréments ou des oothèques dans les armoires

  • Une coquerelle visible en plein jour

  • Des coquerelles dans plus d’une pièce

  • Un voisin qui vous signale un problème dans son logement

Il n’y a pas de « petite » infestation de blatte germanique. Il y a seulement des infestations détectées tôt et des infestations détectées tard.

Questions fréquentes

Qui paie l’extermination des coquerelles, le propriétaire ou le locataire ?

Au Québec, le propriétaire doit livrer et maintenir un logement en bon état d’habitabilité. La présence de coquerelles rend le logement impropre, alors l’extermination est à sa charge, même si les insectes ont été introduits accidentellement. Le locataire, lui, doit aviser par écrit dès les premiers signes, donner accès pour l’inspection et le traitement, et préparer son logement selon les consignes.

Quand faut-il appeler un exterminateur pour des coquerelles ?

Dès la première coquerelle vivante identifiée comme blatte germanique, dès qu’on trouve des excréments ou des oothèques dans les armoires, dès qu’on en voit une en plein jour, dès qu’il y en a dans plus d’une pièce, ou dès qu’un voisin signale un problème. Il n’y a pas de « petite » infestation de blatte germanique : seulement des infestations détectées tôt et d’autres détectées tard.

Est-ce que les bombes fumigènes fonctionnent contre les coquerelles ?

Non, et c’est l’erreur la plus coûteuse. Le brouillard ne pénètre pas dans les cavités où vivent les coquerelles : il les fait fuir dans les murs et vers les logements voisins, transformant une infestation localisée en infestation d’immeuble. Les produits repoussants en vente libre ont le même effet dispersif.

Combien de visites faut-il pour éliminer les coquerelles ?

Généralement 2 à 3 visites espacées de 2 à 3 semaines. Le premier passage n’atteint pas les œufs, qui sont protégés dans les oothèques ; sauter la visite de suivi est la première cause de récidive.

Besoin d’une inspection à Québec ?

Nous desservons Québec, Sainte-Foy, Sillery, Limoilou, Charlesbourg, Beauport, Saint-Roch, Saint-Sauveur, Lévis, L’Ancienne-Lorette, Cap-Rouge, Val-Bélair et les environs. Inspection, plan de traitement, suivi et recommandations pour éviter la récidive.

(581) 890-0675